IntermédiaireCommercialLecture 20 minMis à jour mars 2026

Fixer ses tarifs en freelance

TJM, prix à la prestation, forfait : comment calculer le juste prix pour vivre de votre activité.

💰Les 7 étapes clés
  1. 1Calculer votre revenu net souhaité par mois
  2. 2Ajouter les cotisations URSSAF (~22%)
  3. 3Ajouter l'impôt sur le revenu (~10-15%)
  4. 4Estimer vos jours travaillables (environ 200/an)
  5. 5Diviser le total par le nombre de jours = TJM
  6. 6Étudier les prix du marché sur Malt, Crème de la Crème
  7. 7Ajuster selon votre expérience et votre niche

Pourquoi bien fixer ses tarifs est crucial en micro-entreprise

Fixer ses tarifs est l'une des décisions les plus stratégiques pour un freelance en micro-entreprise. Un prix trop bas vous condamne à travailler sans relâche sans jamais dégager un revenu décent. Un prix trop élevé sans justification vous ferme des portes. L'objectif : trouver le juste prix qui reflète votre valeur, couvre vos charges et vous permet de vivre confortablement de votre activité.

Étape 1 : Partir de votre revenu net souhaité

La méthode la plus fiable consiste à raisonner à l'envers, en partant de ce que vous souhaitez gagner réellement chaque mois. Par exemple, si vous visez 2 500 € nets par mois après impôts et charges, soit 30 000 € nets par an, vous devez remonter jusqu'au chiffre d'affaires nécessaire.

Ajouter les cotisations URSSAF (~22 % en BNC)

En 2026, les cotisations sociales pour les prestations de services en BNC (bénéfices non commerciaux) s'élèvent à environ 21,1 à 23,1 % de votre chiffre d'affaires, selon votre caisse (CIPAV ou régime général). Prenons 22 % comme base de calcul :

  • Revenu net souhaité : 30 000 €/an
  • Après cotisations : 30 000 € ÷ (1 - 0,22) = 38 462 € de CA annuel

Ajouter l'impôt sur le revenu (~10-15 %)

Si vous optez pour le versement libératoire, comptez 2,2 % supplémentaires sur votre CA (BNC). Sinon, prévoyez une tranche d'imposition de 10 à 15 % selon votre situation. En intégrant 12 % d'impôt moyen :

  • CA nécessaire ajusté : environ 43 000 à 45 000 € de CA annuel

Astuce : Utilisez notre simulateur de cotisations pour obtenir un calcul précis adapté à votre situation, et notre simulateur de revenus pour visualiser votre revenu net en fonction de votre CA.

Étape 2 : Estimer vos jours réellement facturables

C'est l'erreur la plus fréquente chez les freelances débutants : croire que l'on peut facturer 365 jours par an, ou même 220. En réalité, il faut déduire :

  • Week-ends : 104 jours
  • Vacances : 25 à 30 jours
  • Jours fériés : 10 à 12 jours
  • Maladie / imprévus : 5 à 10 jours
  • Prospection commerciale : 20 à 30 jours
  • Administration (facturation, comptabilité, URSSAF) : 10 à 15 jours
  • Formation et veille : 5 à 10 jours

Au final, un freelance peut raisonnablement facturer entre 180 et 210 jours par an. Prenons 200 jours comme base réaliste.

Étape 3 : Calculer votre TJM (Taux Journalier Moyen)

La formule est simple :

TJM = CA annuel nécessaire ÷ nombre de jours facturables

  • Exemple : 44 000 € ÷ 200 jours = 220 €/jour HT

Ce TJM de 220 € est un minimum vital pour atteindre 2 500 € nets/mois. Si vous visez 3 500 € nets, le TJM monte à environ 310 €/jour.

Attention : N'oubliez pas d'intégrer vos frais professionnels (logiciels, coworking, matériel, assurance RC Pro, mutuelle). En micro-entreprise, vous ne déduisez pas ces frais de votre CA — ils viennent donc en déduction de votre revenu réel.

Les prix du marché par secteur en 2026

Votre TJM doit aussi être cohérent avec les tarifs pratiqués dans votre domaine. Voici les fourchettes moyennes constatées sur les plateformes françaises :

  • Développement web/mobile : 400 à 700 €/jour (junior à senior)
  • Design UI/UX : 300 à 550 €/jour
  • Consulting / stratégie : 500 à 900 €/jour
  • Rédaction web / SEO : 250 à 450 €/jour
  • Community management : 200 à 350 €/jour
  • Marketing digital : 350 à 600 €/jour

Astuce : Consultez les grilles tarifaires sur Malt et Crème de la Crème pour situer vos tarifs par rapport à la concurrence dans votre spécialité.

Tarif horaire, journalier ou au forfait : quel modèle choisir ?

Le taux horaire

  • Avantages : Simple, transparent, adapté aux petites missions
  • Inconvénients : Plafonne votre revenu (vous échangez du temps contre de l'argent), peut inciter le client à surveiller vos heures

Le taux journalier (TJM)

  • Avantages : Standard du marché freelance, facile à comparer, donne de la flexibilité dans l'organisation de la journée
  • Inconvénients : Peut être flou si la durée d'une "journée" n'est pas définie

Le forfait / prix au projet

  • Avantages : Valorise le résultat plutôt que le temps, permet de mieux gagner si vous êtes efficace, rassure le client sur le budget
  • Inconvénients : Risque de sous-estimer la charge de travail, nécessite une bonne expérience pour estimer correctement

Astuce : Combinez les modèles. Proposez un forfait pour les projets bien définis et un TJM pour les missions de régie ou de conseil. Le forfait est particulièrement intéressant quand vous maîtrisez parfaitement le sujet et pouvez livrer rapidement.

Quand et comment augmenter vos tarifs

Ne restez pas figé sur vos tarifs initiaux. Voici les bons moments pour les réviser :

  • Tous les 12 mois : réévaluez systématiquement pour suivre l'inflation et votre montée en compétences
  • Quand votre planning est plein : si vous refusez des missions, c'est le signe que vos tarifs sont trop bas
  • Après une formation ou certification : une nouvelle compétence justifie un repositionnement
  • Pour les nouveaux clients : appliquez vos nouveaux tarifs aux prospects, puis migrez progressivement les clients existants

Attention : Prévenez toujours vos clients existants avec un préavis de 1 à 2 mois et justifiez l'augmentation (inflation, nouvelles compétences, hausse des cotisations).

Les erreurs classiques à éviter

  • Se baser sur son ancien salaire : en freelance, vous payez vos charges, vos outils, vos congés — un salaire brut de 3 000 € ne correspond pas à un TJM de 150 €
  • Oublier les jours non facturés : la prospection, l'administratif et les congés représentent 30 à 40 % de votre temps
  • Ne pas intégrer la TVA : sous le seuil de franchise (36 800 € en prestations de services), vous ne facturez pas la TVA, mais ne vous y trompez pas, vos 500 €/jour ne sont pas comparables à 500 € HT d'un freelance assujetti
  • Brader pour "gagner de l'expérience" : une remise ponctuelle est acceptable, mais travailler sous votre seuil de rentabilité n'est jamais une stratégie viable
  • Ne pas oser négocier : un client qui négocie votre tarif est un client qui reconnaît votre valeur — négociez le périmètre, pas le prix

En résumé

Fixer ses tarifs en freelance n'est pas une question d'intuition, c'est un calcul méthodique. Partez de votre revenu net souhaité, ajoutez les charges URSSAF et l'impôt, divisez par vos jours facturables, et comparez avec le marché. N'hésitez pas à utiliser notre simulateur de revenus pour affiner vos calculs. Et une fois vos tarifs fixés, concentrez-vous sur la recherche de vos premiers clients pour lancer concrètement votre activité.

Questions fréquentes