DébutantCréationLecture 10 minMis à jour mars 2026

Demander l'ACRE

L'ACRE réduit vos cotisations de 50% la 1ère année. Voici comment en bénéficier.

💡Les 5 étapes clés
  1. 1Vérifier votre éligibilité (demandeur d'emploi, -25 ans, RSA…)
  2. 2Cocher la case ACRE lors de l'inscription
  3. 3Ou faire la demande sur autoentrepreneur.urssaf.fr
  4. 4Joindre les justificatifs demandés
  5. 5Vérifier que la réduction est appliquée

Demander l'ACRE en auto-entrepreneur : le guide complet 2026

L'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) est l'un des dispositifs les plus avantageux quand on lance sa micro-entreprise. Concrètement, elle divise par deux vos cotisations sociales pendant votre première année d'activité. Sur un chiffre d'affaires de 40 000 € en prestations de services, cela représente plus de 4 200 € d'économies. Autant dire qu'il serait dommage de passer à côté. Voici tout ce qu'il faut savoir pour en bénéficier en 2026.

Qu'est-ce que l'ACRE exactement ?

L'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales pendant les 4 premiers trimestres civils d'activité de votre auto-entreprise. Concrètement, au lieu de payer le taux plein de cotisations sur chaque déclaration URSSAF, vous payez la moitié :

  • Vente de marchandises (BIC) : 6,2 % au lieu de 12,3 %
  • Prestations de services commerciales (BIC) : 10,6 % au lieu de 21,2 %
  • Professions libérales (BNC) : 11 % au lieu de 22 %

Attention : L'ACRE dure 4 trimestres civils, pas 12 mois. Si vous créez votre micro-entreprise le 15 mars, le premier trimestre civil (janvier-mars) ne comptera que 2 semaines, mais sera décompté comme un trimestre entier. Pour maximiser la durée de l'ACRE, privilégiez une création en début de trimestre (janvier, avril, juillet ou octobre). Utilisez notre simulateur de cotisations pour mesurer l'impact exact sur votre situation.

Qui est éligible à l'ACRE en 2026 ?

Depuis la réforme de 2020, l'ACRE auto-entrepreneur n'est plus automatique. Vous devez remplir au moins une des conditions suivantes :

  • Demandeur d'emploi indemnisé (inscrit à France Travail, ex-Pôle Emploi)
  • Demandeur d'emploi non indemnisé inscrit depuis plus de 6 mois à France Travail
  • Bénéficiaire du RSA ou de l'ASS (Allocation de Solidarité Spécifique)
  • Avoir entre 18 et 25 ans (ou moins de 30 ans si reconnu travailleur handicapé)
  • Bénéficiaire de la PreParE (prestation partagée d'éducation de l'enfant)
  • Créateur d'entreprise dans un QPV (Quartier Prioritaire de la politique de la Ville)
  • Bénéficiaire du complément de libre choix d'activité (CLCA)
  • Salarié ou licencié d'une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire qui reprend une activité
  • Signataire d'un CAPE (Contrat d'Appui au Projet d'Entreprise)

Astuce : La condition la plus courante est d'être inscrit à France Travail. Si vous êtes salarié et que vous envisagez de créer votre micro-entreprise, inscrivez-vous à France Travail avant de déposer votre dossier au guichet unique de l'INPI. Même si vous n'avez pas droit aux allocations chômage, le simple fait d'être inscrit comme demandeur d'emploi non indemnisé depuis plus de 6 mois vous rend éligible.

Comment demander l'ACRE : les deux méthodes

Méthode 1 : Lors de l'inscription au guichet unique (recommandé)

C'est la méthode la plus simple et la plus sûre. Lors de votre inscription sur le guichet unique de l'INPI, une case vous permet de demander l'ACRE directement dans le formulaire de création. Cochez-la et joignez immédiatement vos justificatifs d'éligibilité.

Attention : Ne cochez pas la case si vous n'êtes pas éligible. Toute demande injustifiée retardera le traitement de votre dossier de création, et vous devrez fournir des pièces complémentaires.

Méthode 2 : Après la création, sur autoentrepreneur.urssaf.fr

Si vous avez oublié de cocher la case lors de l'inscription, ou si votre éligibilité n'était pas encore confirmée à ce moment-là, vous pouvez faire la demande a posteriori. Vous disposez d'un délai de 45 jours après la date de création de votre entreprise pour envoyer votre demande à l'URSSAF.

La procédure :

  1. Connectez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr
  2. Rendez-vous dans la rubrique « Messagerie » ou « Formuler une demande »
  3. Sélectionnez le motif « ACRE – Demande initiale »
  4. Joignez vos justificatifs au format PDF
  5. Validez l'envoi

Astuce : Si vous avez dépassé le délai de 45 jours, tentez quand même la demande via la messagerie URSSAF en expliquant votre situation. Certains dossiers tardifs sont acceptés à titre gracieux, mais ce n'est pas garanti.

Les justificatifs à fournir selon votre situation

Chaque motif d'éligibilité nécessite un justificatif spécifique :

  • Demandeur d'emploi indemnisé : attestation d'ouverture de droits France Travail ou notification d'admission ARE datant de moins de 3 mois
  • Demandeur d'emploi non indemnisé (+6 mois) : historique d'inscription France Travail attestant de plus de 6 mois d'inscription continue
  • Bénéficiaire du RSA : attestation de la CAF datant de moins de 3 mois
  • Jeune de 18 à 25 ans : votre pièce d'identité suffit à prouver votre âge
  • Quartier prioritaire (QPV) : justificatif de domicile dans le QPV

Attention : Les documents doivent être récents (moins de 3 mois en général). Un document périmé est la cause n°1 de refus de l'ACRE. Scannez-les en couleur, au format PDF, avant de commencer votre démarche.

Comment vérifier que l'ACRE est bien appliquée ?

Une fois votre demande acceptée, vous devez vous assurer que le taux réduit est effectivement pris en compte sur vos déclarations URSSAF. Voici comment vérifier :

  • Connectez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr
  • Effectuez une déclaration de chiffre d'affaires (même un test avec 100 €)
  • Vérifiez que le montant des cotisations calculé correspond au taux réduit (par exemple, pour 100 € en prestations de services BIC, vous devriez voir environ 10,60 € et non 21,20 €)

Si le taux plein est appliqué malgré votre acceptation ACRE, contactez immédiatement l'URSSAF via la messagerie avec une copie de votre notification d'acceptation. Le trop-perçu sera remboursé ou déduit de vos prochaines échéances.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Créer en milieu de trimestre : comme expliqué plus haut, vous « perdez » une partie de votre premier trimestre ACRE. Créez en début de trimestre pour bénéficier de la durée maximale.
  • Confondre ACRE et ARCE : l'ACRE est l'exonération de cotisations. L'ARCE est un capital versé par France Travail (45 % de vos droits restants au chômage). Les deux sont cumulables, mais ce sont deux dispositifs différents.
  • Oublier que l'ACRE est limitée à une fois : vous ne pouvez bénéficier de l'ACRE qu'une seule fois par période de 3 ans. Si vous avez déjà eu l'ACRE pour une précédente micro-entreprise fermée il y a moins de 3 ans, vous ne pourrez pas en bénéficier à nouveau.
  • Ne pas déclarer son CA même à 0 € : l'ACRE ne vous dispense pas de faire vos déclarations URSSAF. Même avec un CA de 0 €, vous devez déclarer à chaque échéance, sinon vous risquez des pénalités.

L'impact concret de l'ACRE sur vos revenus

Pour mesurer l'avantage réel de l'ACRE, prenons un exemple. Un développeur freelance (BNC) avec un CA annuel de 50 000 € :

  • Sans ACRE : 50 000 × 22 % = 11 000 € de cotisations
  • Avec ACRE : 50 000 × 11 % = 5 500 € de cotisations
  • Économie : 5 500 € la première année

C'est un gain considérable qui peut vous aider à investir dans du matériel, de la formation, ou simplement à constituer votre trésorerie de départ. Utilisez notre calculateur de revenus pour simuler votre situation exacte avec et sans ACRE.

Après l'ACRE : anticiper le retour au taux plein

Le passage au taux plein à la fin de l'ACRE est un moment critique pour beaucoup d'auto-entrepreneurs. Du jour au lendemain, vos cotisations doublent. Voici comment l'anticiper :

  • Mettez de côté dès le début : même pendant l'ACRE, provisionnez le taux plein (12,3 %, 21,2 % ou 22 % selon votre activité). L'argent économisé constituera un matelas de sécurité.
  • Ajustez vos tarifs progressivement : ne calculez pas vos prix uniquement sur le taux réduit. Vos tarifs doivent être viables au taux plein.
  • Surveillez vos plafonds : si votre activité se développe bien, vérifiez que vous restez dans les seuils de la micro-entreprise (188 700 € en vente, 77 700 € en services pour 2026).

Pour une gestion sereine de vos cotisations et un suivi automatique de vos déclarations, pensez à configurer un outil de comptabilité adapté aux auto-entrepreneurs. Des solutions comme Indy (gratuit pour les micro-entreprises) vous envoient des rappels avant chaque échéance et calculent automatiquement vos cotisations. Retrouvez toutes les options dans notre comparateur d'outils.

Questions fréquentes