IntermédiaireFiscalitéLecture 20 minMis à jour mars 2026

Remplir la déclaration 2042-C-PRO

Chaque année, vous devez déclarer votre CA aux impôts. On vous montre case par case.

🗂️Les 6 étapes clés
  1. 1Se connecter sur impots.gouv.fr en mai/juin
  2. 2Accéder à la déclaration complémentaire 2042-C-PRO
  3. 3Identifier votre case : 5KO (vente BIC), 5KP (service BIC), 5HQ (BNC)
  4. 4Reporter votre CA annuel brut (avant abattement)
  5. 5Si VFL : remplir les cases 5TE/5TB/5TA à la place
  6. 6Valider et signer votre déclaration

Déclaration 2042-C-PRO auto-entrepreneur : le guide case par case pour 2026

Chaque année entre avril et juin, tous les micro-entrepreneurs doivent déclarer leur chiffre d'affaires aux impôts via le formulaire 2042-C-PRO. Cette obligation s'ajoute à vos déclarations URSSAF mensuelles ou trimestrielles — oui, c'est une double déclaration, et oui, c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est le nombre d'auto-entrepreneurs qui remplissent la mauvaise case ou oublient cette déclaration. Voici comment faire, étape par étape.

Pourquoi déclarer aux impôts si vous payez déjà l'URSSAF ?

La confusion est compréhensible, mais les deux déclarations ont des objectifs différents :

  • Déclaration URSSAF : elle sert à calculer et payer vos cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales). Vous la faites chaque mois ou trimestre.
  • Déclaration 2042-C-PRO : elle sert à calculer votre impôt sur le revenu. Vous la faites une fois par an, au printemps, pour les revenus de l'année précédente.

Attention : Même si vous avez opté pour le versement libératoire (VFL) et que votre impôt est déjà prélevé avec vos cotisations, vous devez quand même remplir la 2042-C-PRO. Les cases sont simplement différentes.

Étape 1 : Accéder à la déclaration complémentaire

Connectez-vous sur impots.gouv.fr avec vos identifiants habituels. La déclaration de revenus est généralement ouverte entre mi-avril et début juin (la date limite varie selon votre département).

Une fois dans le parcours de déclaration :

  • À l'étape « Revenus », cochez la case « Revenus industriels et commerciaux professionnels » ou « Revenus non commerciaux professionnels » selon votre activité
  • Si vous ne voyez pas le formulaire 2042-C-PRO, cherchez la rubrique « Déclarations annexes » et cochez « 2042-C-PRO »

Astuce : Si c'est votre première déclaration en tant qu'auto-entrepreneur, les cases micro-entreprise n'apparaissent pas par défaut. Il faut les activer manuellement dans les options de la déclaration. Ne sautez pas cette étape, sinon vous ne verrez tout simplement pas les bonnes rubriques.

Étape 2 : Identifier la bonne case — le point crucial

C'est l'étape où la majorité des erreurs se produisent. La case à remplir dépend de deux critères : votre type d'activité et votre option fiscale (avec ou sans versement libératoire).

Sans versement libératoire (régime classique)

  • Case 5KO : Vente de marchandises (BIC vente) — abattement forfaitaire de 71 %
  • Case 5KP : Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC services) — abattement de 50 %
  • Case 5HQ : Professions libérales (BNC) — abattement de 34 %

Vous reportez votre chiffre d'affaires annuel brut, c'est-à-dire le total de vos encaissements de l'année. L'administration fiscale appliquera automatiquement l'abattement forfaitaire pour calculer votre bénéfice imposable, qui sera ensuite intégré au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Avec versement libératoire (VFL)

  • Case 5TE : Vente de marchandises (BIC vente)
  • Case 5TB : Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC services)
  • Case 5TA : Professions libérales (BNC)

Même avec le VFL, vous déclarez votre CA brut. L'impôt a déjà été payé tout au long de l'année (1 % en vente, 1,7 % en BIC services, 2,2 % en BNC), donc ce montant ne sera pas réimposé. En revanche, il est pris en compte pour déterminer votre revenu fiscal de référence (RFR) et votre taux marginal d'imposition, ce qui peut impacter les aides sociales et les réductions d'impôt de votre foyer.

Attention : Si vous remplissez la mauvaise case (par exemple 5KO au lieu de 5TE), votre CA sera imposé une deuxième fois au barème progressif. C'est l'erreur la plus coûteuse et malheureusement la plus courante. Vérifiez bien si vous êtes au VFL en consultant vos déclarations URSSAF : si une ligne « versement libératoire » apparaît, vous êtes au VFL.

Étape 3 : Calculer le bon montant à déclarer

Le montant à reporter est votre chiffre d'affaires annuel total encaissé entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année concernée. Ce chiffre doit correspondre exactement à la somme de vos déclarations URSSAF de l'année.

Pour le retrouver facilement :

  • Connectez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr et consultez votre historique de déclarations
  • Additionnez le CA déclaré sur chaque période (4 trimestres ou 12 mois)
  • Comparez avec le total de votre livre des recettes — les deux montants doivent être identiques

Astuce : Si vous utilisez un outil de comptabilité comme Indy ou Pennylane, le CA annuel est calculé automatiquement et vous pouvez l'exporter directement. Cela évite les erreurs d'addition et vous fait gagner du temps. Consultez notre comparateur d'outils pour trouver la bonne solution.

Étape 4 : Les cas particuliers à connaître

Activité mixte

Si vous avez une activité mixte (par exemple vente ET services), vous devez remplir plusieurs cases, une pour chaque type de CA. Ne mélangez jamais vos différents types de revenus dans une seule case.

Première année d'activité

Si vous avez créé votre micro-entreprise en cours d'année, vous ne déclarez que le CA effectivement encaissé entre votre date de début d'activité et le 31 décembre. Pas de prorata — c'est le réel encaissé.

Cessation d'activité

Si vous avez cessé votre activité en cours d'année, vous déclarez le CA encaissé jusqu'à la date de cessation. N'oubliez pas les paiements reçus après la cessation pour des prestations antérieures — ils doivent aussi être déclarés.

L'impact concret sur votre impôt

Pour comprendre combien vous paierez d'impôt, voici le mécanisme sans VFL :

  • Votre CA brut est réduit de l'abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %)
  • Le montant restant (votre « bénéfice fiscal ») est ajouté aux autres revenus de votre foyer
  • Le tout est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %)

Par exemple, un prestataire de services BNC qui déclare 50 000 € de CA aura un bénéfice fiscal de 50 000 € × (1 - 34 %) = 33 000 €. Si c'est son seul revenu et qu'il est célibataire, il sera imposé sur cette base selon le barème progressif.

Pour savoir si le versement libératoire serait plus avantageux dans votre situation, utilisez notre simulateur VFL. Et pour estimer votre revenu net global après cotisations et impôts, consultez notre calculateur de revenus.

Les erreurs à éviter absolument

  • Déclarer le bénéfice net au lieu du CA brut : en micro-entreprise, vous déclarez toujours le CA brut. L'abattement est calculé automatiquement par l'administration.
  • Confondre les cases VFL et régime classique : vérifiez votre statut sur autoentrepreneur.urssaf.fr avant de remplir.
  • Oublier la déclaration : même avec un CA de 0 €, vous devez déclarer. L'oubli peut entraîner une taxation d'office basée sur une estimation de l'administration.
  • Déclarer en TTC : si vous êtes assujetti à la TVA (parce que vous avez dépassé les seuils de franchise), déclarez votre CA hors taxes.

Astuce : Programmez un rappel dans votre agenda pour mi-avril chaque année. La déclaration en ligne prend moins de 10 minutes quand vous avez votre CA annuel sous les yeux. Ne laissez pas passer la date limite, car les pénalités de retard sont de 10 % du montant de l'impôt dû.

Questions fréquentes